La région du Kurdistan irakien a toujours été un nœud majeur du commerce régional et international, allant à l’est comme à l’ouest. Mais ces dernières années, le gouvernorat de Sulaymaniyah, dans l’est du Kurdistan irakien, est devenu une plaque tournante du trafic de stupéfiants iraniens. Le trafic d'héroïne en provenance d'Afghanistan et destinée à l'Europe via la Turquie n'est pas un problème nouveau, mais ces dernières années, le trafic de drogues synthétiques, telles que la Crystal Methamphetamine et le Captagon, a considérablement augmenté.
Le flux de stupéfiants entre l’Iran et le gouvernorat de Sulaymaniyah, dans la région du Kurdistan irakien (KRI), est passé d’un problème de transit secondaire à une crise de sécurité régionale critique. Sulaymaniyah sert de porte d'entrée principale pour la « Route des Balkans » et le commerce florissant des drogues synthétiques, motivé par le désespoir économique, les manœuvres géopolitiques et la nature poreuse des montagnes de Zagros.
La production et le trafic de drogues synthétiques en Iran impliquent un chevauchement complexe de « cuisiniers » locaux à petite échelle, de réseaux de contrebande transfrontaliers et d’une implication présumée de haut niveau d’acteurs intégrés à l’État. Alors que le gouvernement iranien maintient officiellement une position antidrogue stricte, procédant fréquemment à des saisies et des exécutions massives, les observateurs internationaux et les rapports des services de renseignement mettent en évidence une réalité différente en coulisses.
L’entité la plus importante liée aux activités à grande échelle liées aux drogues synthétiques est le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI). Bien que le CGRI lutte officiellement contre le trafic, il a été accusé à plusieurs reprises par le Trésor américain, l'ONU et des enquêteurs indépendants de faciliter le transit de stupéfiants en « taxant » les expéditions en échange d'un passage sûr. Le CGRI contrôle les frontières et les ports iraniens.
En 2012, le Trésor américain a désigné le général Gholamreza Baghbani de la Force Qods du CGRI comme trafiquant de stupéfiants, alléguant qu’il avait permis aux trafiquants afghans de transporter de la drogue à travers l’Iran en échange de transferts d’armes aux talibans.
Les forces de sécurité intérieure kurdes exposent des...